Ce qu’on peut livrer à partir d’un Gaussian splat

par Pierre
Ce qu’on peut livrer à partir d’un Gaussian splat

Un Gaussian splat est rarement une fin en soi. Un client qui commande une captation veut la mettre sur son site, mais aussi dans une vidéo pour les réseaux sociaux, un catalogue, un casque, un moteur, parfois sur une carte. La bonne nouvelle : une seule captation peut nourrir tout cela. La moins bonne : chaque livrable garde quelque chose du splat et en perd autre chose.

Pour le montrer plutôt que le dire, nous avons pris une seule scène — le cactus en pot du premier article de cette série, 139 410 gaussiennes, publié par Steam Studio sous licence CC0 — et nous en avons tiré sept livrables, avec des outils gratuits, puis pesé chaque fichier.

Pour regarder : visionneuse, vidéo, images, 360

La visionneuse interactive est le livrable pour lequel les splats ont été faits : le visiteur tourne, zoome, se déplace autour du sujet dans le navigateur. SuperSplat, l’éditeur gratuit de PlayCanvas, exporte une visionneuse HTML autonome ou un fichier compressé pour votre propre visionneuse, et publie sur superspl.at en SOG, diffusé en continu au-delà d’un million de gaussiennes ; Postshot exporte désormais lui aussi une visionneuse HTML ; Spark, de World Labs, fait de même pour three.js.

La vidéo sert partout où l’interactivité n’est pas possible. SuperSplat rend une trajectoire de caméra dessinée sur sa timeline en MP4, MOV, WebM ou MKV, jusqu’en 8K, avec un mode portrait pour les formats 9:16 ; Postshot envoie ses scènes dans After Effects, et Unreal Engine les rend avec ses propres caméras.

PlayCanvas annonce le rendu vidéo dans SuperSplat, en mars 2025 (en anglais) : une trajectoire de caméra dessinée sur une timeline, rendue en vidéo.

Vidéo : PlayCanvas, sur YouTube.

Les images fixes rendent disponibles tous les points de vue sans nouvelle séance photo — un produit vu de dessus, de dessous, de trois quarts —, en PNG, JPEG ou WebP, avec un fond transparent pour les détourages du e-commerce. La limite est la captation : on peut monter la résolution du rendu, pas la netteté de ce que les photos ont enregistré.

Les panoramas 360°, enfin, se rendent depuis l’intérieur d’une scène — une pièce, une boutique, un site — en images ou vidéos équirectangulaires, jusqu’en 8K dans SuperSplat : ils s’intègrent aux outils de visite virtuelle existants et à YouTube 360.

Ce que pèse chaque livrable

  • PLY brut (archive) 33 Mo
  • glTF (.glb) 33 Mo
  • Visionneuse HTML en un fichier 8,9 Mo
  • SOG (web) 4,4 Mo
  • SPZ (web) 3,6 Mo
  • Nuage de points 2,1 Mo
  • Vidéo, 6 s 856 ko
  • Maillage de collision 109 ko
  • Image fixe 57 ko
  • Grille de voxels 5,8 ko

Poids du fichier, échelle logarithmique — chaque graduation vaut dix fois la précédente

Des barres horizontales sur une échelle logarithmique : le poids mesuré de dix fichiers produits à partir du même splat de cactus, d’un PLY brut de 33 Mo à une grille de voxels de 6 ko.

Quatre ordres de grandeur entre le fichier le plus lourd et le plus léger. Le PLY brut et le glTF gardent tout et servent aux archives et aux échanges ; SOG et SPZ servent au web, sept à neuf fois plus légers ; une vidéo de six secondes pèse moins d’un mégaoctet.

Pour construire : maillages, nuages de points, glTF

Un splat n’a pas de surface, et beaucoup de logiciels en veulent une. On peut extraire des maillages d’un splat, mais attention aux licences : presque tout le code de recherche qui le fait bien — 2DGS, SuGaR, Gaussian Opacity Fields, MILo, PGSR — est publié pour un usage non commercial, parce qu’il s’appuie sur le code d’origine de l’Inria. Côté commercial, KIRI Engine 4.2, en avril 2026, a amélioré sa conversion « 3DGS to Mesh » et ajouté un outil pour remettre le modèle à l’échelle avant l’impression 3D. Pour un objet physique, le maillage de photogrammétrie issu des mêmes photos reste souvent plus précis.

KIRI Engine présente sa version 4.2 en avril 2026 (en anglais) : un splat transformé en maillage texturé, sur le téléphone.

Vidéo : KIRI Engine - 3D Scanner App, sur YouTube.

Les nuages de points sont la langue des logiciels de CAO, de BIM et de relevé. Les centres des gaussiennes en forment un — notre cactus plus haut —, mais un centre n’est pas un point de la surface : pour mesurer, livrez le nuage du scanner ou de la photogrammétrie, que PIX4Dmatic produit désormais dans le même calcul que le splat.

Le fichier glTF avec l’extension KHR_gaussian_splatting, ratifiée par le Khronos Group en 2026, est le nouveau standard d’échange des splats entre outils ; son import arrive peu à peu dans les logiciels 3D — Blender 5.3, attendu en novembre, lit les splats en PLY et en SPZ, mais pas encore en glTF.

Pour mesurer et cartographier

Les mesures sont possibles — SuperSplat, KIRI Engine et la visionneuse de XGRIDS ont des outils de mesure —, mais seulement aussi fiables que l’échelle de la captation, fixée par un scanner, un positionnement RTK ou des repères mesurés. Esri le dit clairement : ses couches de splats « peuvent contenir des artefacts mineurs » et ne peuvent pas servir au géotraitement.

Pour les sites, les splats deviennent des couches de carte : des 3D Tiles avec niveaux de détail chez Cesium, Esri et DJI Terra, qui depuis juillet 2026 génère aussi automatiquement l’orthophoto à partir de ses splats. Et la grille de voxels ou le maillage de collision — des fichiers minuscules — permettent à un visiteur de parcourir une scène sans traverser les murs.

Pour s’immerger : RA, VR, cinéma

  • La RA sur téléphone. Sur Android, une visionneuse web avec WebXR place le splat dans la pièce, sans application. Sur iPhone, Safari n’a pas de RA web ; depuis iOS 27, RealityKit affiche nativement les splats — dans une application, qui fournit elle-même les données —, tandis qu’AR Quick Look, selon les ingénieurs d’Apple, n’y est pas relié.
  • Les casques de VR. Le navigateur du Quest ouvre les visionneuses WebXR ; Gracia lit des splats statiques et animés sur Quest, Pico et Vision Pro ; MetalSplatter, gratuit, et RealityKit le font sur Vision Pro.
  • Le cinéma et les murs LED. Les splats deviennent des décors de production virtuelle : rééclairés dans Unreal avec Volinga Plugin Pro, ou affichés sur des volumes LED avec le plugin XYN de Sony.

Sony présente sa solution de captation XYN en avril 2026 (en anglais) : des lieux réels captés en splats, puis affichés derrière les acteurs sur un mur LED.

Vidéo : Sony l XYN, sur YouTube.

Et les splats bougent désormais : des captations 4D, entraînées sur des vidéos prises par de nombreuses caméras, sont lues dans Unreal par Volinga ou diffusées en continu par Gracia — à des débits de plusieurs dizaines de mégabits par seconde, dans des formats encore propriétaires.

Quel livrable pour quel canal ?

Quel livrable pour quel canal

Canal

Site web

  1. Un splat compressé dans une visionneuse web (SOG ou SPZ)Le seul livrable qui garde la liberté de tourner autour du sujet ; il s’ouvre depuis un lien ou un QR code.
  2. Une image fixe en afficheAffichée le temps que la scène se charge, et indexée par les moteurs de recherche.
  3. Une courte vidéoPour les pages ou les appareils où l’on ne veut pas de 3D.

Réseaux sociaux

  1. Une vidéo verticale 9:16Les réseaux sociaux ne lisent pas les splats ; une trajectoire de caméra rendue en vidéo fait l’affaire.
  2. Un lien vers la visionneuseDans la bio ou la description, pour qui veut explorer.

Imprimé et catalogue

  1. Des images en haute résolutionTous les points de vue, sans nouvelle séance photo — dans la limite du détail de la captation.
  2. Un QR code vers la visionneuseLa page imprimée devient la porte d’entrée vers la 3D.

RA sur téléphone

  1. Une visionneuse web avec WebXRElle place le splat dans la pièce sur les téléphones Android, sans application.
  2. Une application native avec RealityKitSur iPhone, depuis iOS 27, les splats s’affichent nativement dans une application ; Safari n’a pas de RA web, et AR Quick Look n’affiche pas les splats.

Casque de VR

  1. Une visionneuse web en WebXRElle s’ouvre dans le navigateur du Quest, sans installation.
  2. Une application nativePour la meilleure qualité : Gracia sur Quest et Vision Pro, MetalSplatter ou RealityKit sur Vision Pro.

Moteur de jeu

  1. Un PLY ou un SPZ pour le plugin du moteurUnreal (Postshot, Volinga), Unity : le splat tel quel, rendu en temps réel.
  2. Un maillage de collisionPour la physique, le déplacement et l’occultation, que les splats n’apportent pas.
  3. Un fichier glTFÀ mesure que les moteurs adoptent l’extension standard, le choix le plus portable.

SIG et jumeau numérique

  1. Des 3D Tiles avec niveaux de détailLe format de Cesium, d’Esri et de DJI Terra pour les splats de sites, placés sur la carte.
  2. Une orthophotoLe site vu d’en haut, géoréférencé, pour les plans et les couches SIG.
  3. Le nuage de points du relevéPour les mesures, issu du scanner ou de la photogrammétrie — pas des gaussiennes.

Cinéma et mur LED

  1. Le splat dans Unreal EngineComme décor de production virtuelle, rééclairé avec Volinga Plugin Pro.
  2. Le moteur de rendu du mur LEDLe plugin XYN de Sony affiche les splats sur les volumes LED, via Unreal, Pixotope ou Disguise.

Impression 3D

  1. Un maillage extrait du splatUne imprimante a besoin d’une surface fermée : KIRI Engine en extrait une et la remet à l’échelle.
  2. Ou le maillage de photogrammétrieIssu des mêmes photos, souvent plus précis pour un objet physique.

Neuf canaux — site web, réseaux sociaux, imprimé, RA sur téléphone, casque de VR, moteur de jeu, SIG, cinéma et impression 3D — et pour chacun, les livrables à demander, dans l’ordre, avec la raison.

Une première réponse pour chaque canal ; un vrai projet en combine souvent plusieurs — la visionneuse pour le site, une vidéo verticale pour l’annoncer, des images pour le catalogue, le tout à partir de la même captation.

Chez ARGO

Notre livrable par défaut est celui auquel cette série revient sans cesse : un splat compressé, ouvert dans le navigateur depuis un lien ou un QR code, avec une image d’affiche pendant le chargement. Autour, nous produisons ce dont chaque canal a besoin à partir de la même captation — une courte vidéo pour le lancement, des images pour les fiches produit, un maillage de collision quand le visiteur doit se déplacer dans la scène —, pour qu’un client paie une captation, pas cinq.

FAQ

Questions fréquentes

Peut-on faire une vidéo à partir d’un Gaussian splat ?

Oui. SuperSplat rend une trajectoire de caméra en MP4 ou en WebM, jusqu’en 8K et en vertical 9:16 ; Postshot travaille avec After Effects ; Unreal Engine rend les splats avec ses propres caméras. Gardez la caméra près des points de vue captés.

Peut-on convertir un Gaussian splat en maillage 3D ?

Oui, avec des limites. KIRI Engine le fait commercialement ; les meilleures méthodes de recherche — 2DGS, SuGaR, Gaussian Opacity Fields, MILo — ne sont licenciées que pour un usage non commercial. Pour un objet physique, le maillage de photogrammétrie issu des mêmes photos est souvent plus précis.

Peut-on afficher un splat en réalité augmentée sur iPhone ?

Dans une application native, oui, depuis iOS 27 et RealityKit. Dans Safari, non : les iPhone n’ont pas de RA web, et AR Quick Look n’est pas relié aux splats. Sur Android, une visionneuse web WebXR le fait sans application.

Quel format livrer pour le web ?

SOG ou SPZ : sur notre cactus, sept à neuf fois plus légers que le PLY brut. Gardez le PLY — ou un glTF avec l’extension standard — comme master d’archive.

Peut-on prendre des mesures sur un splat ?

Des mesures approximatives, si la captation a une échelle exacte. Pour un relevé ou du BIM, livrez le nuage de points du scanner ou de la photogrammétrie à côté du splat.


Sources et pour aller plus loin

Outils, formats et statuts vérifiés le 30 septembre 2026 ; fichiers produits et mesurés le même jour.

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